
Péril dans le détroit : le conflit iranien et les marchés pétroliers
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Le 4 mars 2026
La volatilité des prix du pétrole devrait persister tant que la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran continuera de s’intensifier, mais la montée des prix dépendra en grande partie de la gravité des attaques ciblant les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient, ce qui pourrait entraîner d’importantes perturbations sur le plan de l’approvisionnement.
Pour le moment toutefois, de tels cibles ne semblent pas faire partie des plans des États-Unis et d’Israël. Jusqu’à présent, les attaques ont visé surtout les sites militaires, les défenses aériennes et les installations nucléaires, avant d’inclure l’élimination de lance-missiles. Au total, les forces américano-israéliennes affirment avoir touché plus de 2 000 cibles, dont aucune ne fait partie de l’infrastructure énergétique. Nous croyons qu’il s’agit d’un impératif stratégique ayant pour but de prévenir les représailles contre les infrastructures énergétiques dans d’autres régions du Moyen-Orient, mais aussi pour limiter la menace de contagion aux autres marchés.
L’Iran, pour sa part, semblait suivre un processus semblable, visant principalement des installations militaires plutôt que des infrastructures énergétiques. Ce qui est intéressant toutefois – et qui n’est peut-être pas une coïncidence – c’est qu’il a également ciblé des sites touristiques (c’est-à-dire des hôtels de luxe et des aéroports), ce qui suggère que la perturbation de moteurs « non pétroliers » de l’économie régionale du Moyen-Orient pourrait figurer parmi ses priorités.
Mais cela ne signifie pas que l’Iran évite les mesures qui pourraient perturber les marchés de l’énergie. Ces derniers jours, il a commencé à s’en prendre aux centres de transport et de logistique liés à l’énergie, et des débris ont frappé une raffinerie et le champ pétrolifère de Fujaïrah. Ce fait pourrait augmenter la mise sur Washington, qui doit actuellement naviguer parmi les pressions politiques liées au coût de la vie aux États-Unis. Plus particulièrement, cela pourrait potentiellement nuire au faible prix de l’essence, qui a contribué à atténuer les pressions inflationnistes persistantes touchant d’autres biens de consommation. Compte tenu du fait que les élections de mi-mandat américaines approchent, le président Trump pourrait ne pas avoir la marge de manœuvre nécessaire pour laisser les prix du pétrole grimper bien davantage sans intervenir.
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), un groupe qui forme une partie considérable des forces armées iraniennes, avertit également le trafic maritime de ne pas utiliser le détroit d’Ormuz, freinant ainsi les activités le long de l’une des principales routes maritimes mondiales pour le commerce du pétrole.
Il s’agit clairement d’un développement important, puisqu’un cinquième de tout le pétrole mondial a été transporté sur cette voie navigable en 2024. Même la menace d’attaques contre les navires de passage semble suffisante pour détourner la circulation. Pourtant, nous croyons qu’un arrêt prolongé du trafic est peu probable. À notre avis, cela pourrait être attribuable à des difficultés techniques, mais la situation pourrait aussi refléter un consensus mondial selon lequel une telle interruption pourrait mener à de mauvaises affaires pour toutes les parties concernées. En effet, le détroit d’Ormuz n’a jamais été complètement fermé – même lors de guerres majeures qui ont eu lieu dans la région avant celle-ci – et la présence écrasante des forces navales américaines nous donne des raisons de croire que cette fois ne fera pas exception.
En fin de compte, nous croyons que la volatilité accrue des prix du pétrole durera un certain temps, à court terme, mais nous sommes moins préoccupés par des montées extrêmes des prix à long terme. Le conflit donne certainement lieu à une situation précaire, mais il est aussi vrai que la région du Moyen-Orient dépend grandement des revenus pétroliers et gaziers. Il ne semble pas que les affaires puissent être interrompues longtemps, non seulement pour les alliés américains dans la région, mais aussi pour l’Iran.
Cela dit, si l’Iran décidait de cibler activement les infrastructures énergétiques ainsi que le transport maritime dans le détroit d’Ormuz et la mer Rouge (passant par le Yémen), les prix du pétrole pourraient facilement dépasser 100 $US le baril. Dans un tel scénario, il est probable que la réponse États-Unis-Israël consiste à rouvrir le détroit avec des moyens navals ou à offrir un soutien aux navires cherchant à naviguer dans ces eaux, tout en ciblant les raffineries iraniennes. En prenant de telles mesures, les États-Unis et Israël pourraient limiter les perturbations menaçant l’approvisionnement mondial en pétrole brut, tout en veillant à éliminer l’alimentation en carburant de l’Iran.
En effet, du point de vue des investisseurs, cette tactique est précisément ce que l’Ukraine utilise contre la Russie et elle pourrait donner un nouvel élan aux raffineurs à l’échelle mondiale si elle était déployée.
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