Une nouvelle entente commerciale

Auteur : 

jeudi 28 juin 2018

Les préparatifs du Brexit : pas seulement un défi pour la Grande-Bretagne

Récemment, j’ai fait partie d’un panel axé sur les préparatifs du Brexit (Preparing for Brexit Not Just a British Challenge), en compagnie du très honorable lord-maire de la ville de Londres et de l’honorable Michael H. Wilson, président du conseil de Barclays Canada.

Nous avons eu l’occasion d’échanger nos points de vue sur le domaine des services financiers aux Royaume-Uni, sur les occasions pour le Canada et sur une nouvelle entente commerciale entre nos deux pays.

Le Canada jouit d’une présence considérable dans le secteur des services financiers au Royaume-Uni. En fait, Toronto et Londres sont au cœur des relations commerciales entre le Canada et le Royaume-Uni et les deux villes figurent sur la liste des dix principaux centres financiers au monde.

Les caisses de retraite canadiennes comptent parmi les plus importants investisseurs institutionnels au Royaume-Uni, alors que nos banques ont établi des relations d’affaires fructueuses de longue date, tout en créant des emplois des deux côtés de l’Atlantique.

Le Royaume-Uni constitue la deuxième destination en importance pour les investissements canadiens à l’étranger. Plus de 1100 sociétés du Royaume-Uni sont détenues ou contrôlées par des intervenants canadiens.

Les liens qui existent entre le Canada et le Royaume-Uni en matière de commerce et d’investissement représentent environ 40 % de ceux que le Canada maintient avec l’Union européenne. Cette participation dépasse largement les 15 % que constitue la collaboration du Royaume-Uni au sein de l’économie de l’Union européenne.

Le Royaume-Uni est de loin le partenaire commercial le plus important en Europe et, du point de vue mondial, le troisième marché en importance pour nous sur le plan des exportations, derrière les États-Unis et la Chine.

Compte tenu de ces données, il est certain que le Brexit aura des répercussions à plusieurs égards sur nos relations avec le Royaume-Uni. De nombreuses sociétés canadiennes avaient perçu le Royaume-Uni comme un tremplin permettant d’accéder au vaste marché de l’Union européenne.

Pendant que le Royaume-Uni fait encore partie de l’Union européenne, il est assujetti aux dispositions provisoires de l’Accord économique et commercial global (AECG ou CETA) entre le Canada et l’Union européenne. L’AECG avait été établi pour créer des emplois, renforcer les relations économiques et stimuler le commerce du Canada avec le deuxième marché en importance au monde.

Cette entente de libre-échange commercial progressif touche pratiquement tous les secteurs et tous les aspects du commerce entre le Canada et l’Union européenne et vise à éliminer ou à réduire les barrières sur ce plan.

L’AECG procure un accès considérable aux marchés de biens et de services, tout en facilitant la mobilité de la main-d’œuvre et en ouvrant les marchés publics. Un tel accès pourrait se trouver en partie réduit au moment où le Royaume-Uni se retirera de l’Union européenne.

Compte tenu du temps qu’il faut pour ratifier l’AECG dans tous les États membres de l’Union européenne, le Royaume-Uni aura peut-être déjà quitté l’Union européenne quand l’AECG entrera pleinement en vigueur. Le Royaume-Uni aura besoin de renégocier ses ententes commerciales avec les pays ne faisant pas partie de l’Union européenne, et ce, après la réalisation du Brexit.

Aussi, la plupart des entreprises – peu importe où elles se trouvent dans le monde – devront réévaluer leur position afin de pouvoir tirer parti des occasions qui se présenteront et de réduire les risques.

Selon la nature des conséquences du Brexit, un certain nombre de villes du continent européen pourraient remplacer Londres à titre de centre financier au sein de l’Union européenne. Les principales candidates sont Frankfurt et Dublin; alors que les villes d’Amsterdam, de Varsovie, de Luxembourg et de Paris constituent d’autres possibilités.

En raison de l’incertitude qui existe quant au niveau d’accès que le Royaume-Uni conservera sur le marché de l’Union européenne, les entreprises canadiennes de services financiers n’ont pas pris de décisions définitives quant à l’avenir de leurs activités au Royaume-Uni.

Tant que les négociations sur le départ de la zone de l’euro n’auront pas été pleinement entamées, je crois qu’il sera difficile pour les entreprises canadiennes de services financiers de définir leur présence à la suite du Brexit. Par contre, je suis optimiste à savoir que le Canada est en mesure de conclure avec le Royaume-Uni une entente semblable à l’AECG procurant l’accès qui avait été initialement négocié avec les 28 pays membres de l’Union européenne.

© 2018 La Société de Gestion AGF Limitée. Tous droits réservés. Visitez https://perspectives.agf.com

D'autres articles semblables.

Les décisions des ACVM à l’appui de l’optionalité dans l’industrie

La Société de Gestion AGF Limitée Plus tôt aujourd’hui, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières…

Tout lire

Brexit : Une occasion pour le Canada

Les préparatifs du Brexit : pas seulement un défi pour la Grande-Bretagne À titre de chef…

Tout lire

Les préparatifs du Brexit : pas seulement un défi pour la Grande-Bretagne

Le Brexit est un processus et non pas un événement Plus tôt cette semaine, j’ai…

Tout lire