Craignez-vous une correction boursière?

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lundi 8 janvier 2018

Janvier 2018 marque le 103e mois du marché haussier actuel, troisième plus long de l’histoire des États-Unis, surpassé seulement par les phases d’expansion des années 1960 et 1990. Si l’on considère que ces périodes haussières durent en moyenne cinq ans depuis les années 1950, les investisseurs sont en droit de se demander quand surviendra la prochaine correction. Bien qu’un certain nombre d’indicateurs suggèrent que la croissance va se poursuivre à court terme, l’histoire laisse à penser qu’une certaine action correctrice des cours pourrait avoir lieu entre 2018 et 2019.

Dans un récent rapport, Goldman Sachs a émis une mise en garde, à savoir que le « marché haussier généralisé » des derniers temps constitue une véritable énigme d’évaluation, compte tenu de l’absence d’inflation dans l’économie réelle. Rarement les actions, les obligations et les titres de créance ont tous été aussi chers en même temps; de tels scénarios se sont produits seulement dans les années 1920 (qui se sont terminées par la Grande Dépression) et dans les années 1950. La valorisation des actions, des obligations et des titres de créance aux États-Unis atteint des sommets records. Ce qui nous inquiète, c’est qu’après avoir atteint ces pics de valorisation simultanés, le marché est moins en mesure d’absorber les chocs. Une hausse inattendue de l’inflation ou d’autres événements exogènes pourraient provoquer des contractions marquées ou une lenteur prolongée de la valorisation des titres. Si les entreprises ne parviennent pas à générer une croissance soutenue des bénéfices, les cours des actions pourraient commencer à chuter, ce qui entraînerait une correction.

L’année 2017 a été caractérisée par une très faible volatilité, peut-être à l’image de l’insouciance des investisseurs, comme en témoigne l’indice de volatilité du CBOE, ou indice VIX, qui se situe sous la barre des 10 points, soit environ la moitié de la moyenne historique de 19 points . Les élections de mi-mandat aux États-Unis, qui se tiendront en novembre, pourraient accroître la volatilité en 2018. Par le passé, les années d’élections de mi-mandat ont toujours été associées à un degré de volatilité plus élevé, comme ce fut le cas au cours des 14 élections de mi-mandat qui ont eu lieu depuis 1962, et les corrections survenues pendant ces années se sont élevées à 18 % en moyenne. Fait à noter, ces corrections n’ont pas toujours signalé la fin d’un marché haussier, car les marchés boursiers se sont toujours redressés dans l’année qui a suivi la correction. Cependant, au cours de ces périodes de forte volatilité, la diversification qu’offre l’or a souvent été un ajout utile aux portefeuilles des investisseurs.

 

Figure 1. Corrections survenues au cours des années d’élections de mi-mandat

Les tensions politiques vont-elles faire déborder le vase en 2018?

Les risques géopolitiques ont toujours été présents, mais, en ce début d’année 2018, nous sommes en présence d’un large éventail de points sensibles allant du commerce, aux référendums, aux scandales politiques, à la guerre totale en passant par le cyberterrorisme. Nous n’arrivons pas à comprendre comment les marchés des produits de base ont pu faire fi de grands événements géopolitiques, comme la tentative de bombardement du Palais royal saoudien en décembre, qui a provoqué des bombardements contre des sites au Yémen en guise de représailles et le début d’une guerre contre l’Iran. L’absence de réaction des marchés traduit une insouciance ou un scepticisme total face à l’idée que ces événements puissent dégénérer. Les investisseurs semblent se soucier davantage de la réforme fiscale aux États-Unis et de ses retombées positives sur le PIB des États-Unis au cours des prochaines années. Cependant, les pourparlers entourant la dette publique et les déficits budgétaires qui vont en augmentant commencent à attirer l’attention des investisseurs. Si les républicains perdent les élections de mi-mandat, on peut s’attendre à d’autres impasses politiques.

Sous la gouverne du président Trump, les États-Unis sont confrontés à une myriade de controverses. Les investisseurs semblent faire fi des relations erratiques entre les États-Unis et la Corée du Nord. Bien que peu probable à ce stade-ci, la menace d’une attaque et d’une guerre subséquente doit être surveillée de près en raison de l’imprévisibilité des deux dirigeants. Les enquêtes en cours sur les relations entre la Russie et certains hauts fonctionnaires de la Maison-Blanche devraient se poursuivre. En ce qui concerne les relations commerciales, les négociations sur l’ALENA font du surplace, ce qui porte à croire que M. Trump pourrait mettre fin à cet accord commercial en 2018, sans parler de la rhétorique protectionniste de l’Administration Trump à l’égard de la Chine, partenaire commercial beaucoup plus important.

À l’échelle mondiale, d’autres risques persistent, notamment les procédures du Brexit, qui demeurent une inconnue, la menace de déstabilisation de l’Union européenne à la lumière des mesures prises contre la Pologne, des tensions qui perdurent en Espagne en lien avec le référendum catalan et l’agitation politique au Pérou et au Brésil qui secoue l’Amérique latine. L’année 2018 verra également la tenue d’élections en Italie et au Mexique. Bien qu’il soit difficile de quantifier les retombées de ces facteurs géopolitiques sur les marchés des changes, qui ont un impact majeur sur le prix de l’or, l’achat d’or comme valeur refuge est un geste prudent, car cette marchandise a toujours constitué une excellente réserve de valeur.

La diversification est la clé

Dans le contexte de l’investissement, la diversification a longtemps été la stratégie la plus élémentaire pour atténuer les pertes. Or, dans la conjoncture actuelle, il ne suffit peut-être pas de combiner des catégories d’actifs traditionnelles d’actions et d’obligations pour protéger les investisseurs du risque de perte, car ces actifs se négocient à prix fort par rapport à leurs tendances historiques. La répartition de l’actif sur les marchés mondiaux ne s’est pas avérée très efficace non plus, étant donné que les marchés américains, européens et émergents sont passablement corrélés entre eux. Par contre, l’or et les titres aurifères sont faiblement, voire négativement, corrélés aux actions mondiales, ce qui en fait l’outil optimal de diversification de portefeuilles.

Figure 2. Corrélations mensuelles, en $CA (du 31 décembre 2007 au 31 décembre 2017)

Contrairement à la plupart des grandes catégories d’actif dont la valorisation est exagérée, le prix relatif de l’or se situe à un creux sur une décennie et, fait important à noter, il a une valeur intrinsèque, ce qui n’est pas le cas d’autres alternatives spéculatives, comme les cryptomonnaies, sujet que nous aborderons plus en détail dans notre prochaine publication.

Le calendrier favorise l’or

L’or se situe au beau milieu d’une période très favorable qui s’étend entre décembre et février et qui compte trois des quatre meilleurs mois au chapitre du rendement historique. Cet effet saisonnier découle d’une tendance reliée à l’accumulation de stocks d’or physique à la veille des fêtes de fin d’année et d’autres événements, entre autres influences, qui entraînent l’achat de grandes quantités d’or.

Figure 3. Caractère saisonnier de l’or – Gain mensuel historique en %

La perception que les investisseurs ont de l’or est en train de passer du pessimisme extrême à un sentiment plus neutre, ce qui a toujours marqué le point tournant d’une inversion de tendance à court terme.

Figure 4. Contrats à terme sur l’or (contrats perpétuels de 13 semaines) vs options d’achat d’or / (positions combinées)

En résumé

La dette publique élevée des États-Unis et les baisses d’impôts non capitalisées n’ont pas saboté les plans de la Réserve fédérale américaine qui entend continuer de relever les taux d’intérêt en 2018. Or, il se peut que la composition de la Réserve fédérale américaine change du tout au tout, à commencer par le style de gestion du nouveau président du conseil, Jerome Powell. Nous allons surveiller de près l’orientation de la politique monétaire américaine au cours des prochains mois.

La divergence des dispositions prises en matière de politique monétaire à l’échelle mondiale risque d’attiser la volatilité sur les marchés des changes. Contrairement aux États-Unis, plusieurs autres banques centrales semblent suspendre leurs politiques : la Banque centrale du Japon a laissé son taux d’intérêt à court terme à -0,1 % et la BCE a décidé de continuer de réduire graduellement son programme d’achat d’actifs. Par ailleurs, la croissance économique mondiale synchronisée devrait contribuer à accroître les pressions inflationnistes, ce qui, selon nous, devrait se produire pendant la deuxième moitié de l’année. L’anticipation d’une hausse du taux d’inflation avant un rajustement de taux joue habituellement en faveur des métaux précieux.

La diversification du portefeuille est importante, mais pour assurer la préservation du patrimoine, il faut trouver le bon type de diversification. Comme le démontrent ses antécédents à long terme, l’or procure une protection nécessaire contre la hausse du taux d’inflation et les replis des marchés.

 

 

 

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Auteur :

Ani Markova, MBA, LIFA, CIM, CFA

Vice-présidente et gestionnaire de portefeuille

Placements AGF Inc.

Traduit de l'anglais.

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