Les négociations sur l’ALENA sont officiellement en cours
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Aperçus des marchés

Les négociations sur l’ALENA sont officiellement en cours

Auteur : Groupe de spécialistes des portefeuilles

mardi 22 août 2017

Les premières négociations concernant l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ont maintenant pris fin, alors que les représentants du Canada, des États-Unis et du Mexique s’efforcent de « moderniser » l’entente vieille de 23 ans. Les participants espèrent conclure l’accord retouché au début de l’année prochaine, mais ce délai risque de s’avérer ambitieux si l’on tient compte de la liste de 117 objectifs assortis de sous-objectifs à éplucher. Aussitôt que les échanges seront terminés, il faudra encore obtenir une approbation sur le plan législatif, ce qui pourrait retarder la ratification de l’accord, en raison des élections nationales mexicaines et des élections de mi-mandat américaines qui sont prévues pour le deuxième semestre de 2018.

Même si les États-Unis visent principalement à réduire leur déficit commercial en renégociant l’ALENA, il importe de noter que le pays bénéficie d’un excédent commercial de 8 milliards de dollars par rapport au Canada, alors qu’il accuse un déficit commercial de 63 milliards de dollars à l’égard du Mexique.

Parmi les nombreuses questions à débattre, les règles concernant l’origine constituent peut-être le point le plus sensible entre le Canada et les États-Unis. Actuellement, pour qu’un véhicule soit admissible aux fins d’exonération de taxes, près des deux-tiers de ses composants doivent provenir de pays membres de l’ALENA.

Les États-Unis envisagent de rehausser ce seuil, allant jusqu’à l’ajout d’une exigence minimale de contenu « fabriqué aux États-Unis ». Évidemment, le Canada et le Mexique s’opposent à cette idée, mais il faudra voir où mèneront les discussions par la suite.

Les représentants de l’industrie de l’automobile soutiennent que les moindres changements apportés aux règles pourraient perturber l’intégration des chaînes d’approvisionnement et nuire au secteur. Celui-ci accuse déjà du recul depuis 18 mois par rapport à l’indice S&P 500, et pourrait connaître d’autres déclins si les négociations devaient mener à de nouveaux débats.

 

Groupe de l’industrie automobile et composants S&P 500, contre l’ensemble de l’indice S&P 500 (investissement de 100 $ à partir du 31 décembre 2015)

Source : Strategas Research, le 16 août 2017

Mis à part le secteur de l’automobile, il faudra surveiller celui de l’énergie, puisqu’il est bien intégré dans les trois pays, de même que celui de l’agriculture, à propos duquel le président Trump a indiqué vouloir promouvoir l’accès au marché canadien pour les producteurs américains de lait, de volailles et d’œufs, alors que les Canadiens visent à protéger leur système de gestion de l’offre concernant ces produits.

L’agriculture pourrait prendre de l’importance dans le cadre de futurs pourparlers sur l’ALENA, étant donné que le Canada et le Mexique représentent les plus importants marchés d’exportation pour les États-Unis, après la Chine, et que de nombreux états américains axés sur la production agricole ont voté pour Donald Trump lors de l’élection de 2016.

Les 20 principaux états producteurs agricoles, 2015 (selon un pourcentage des bénéfices agricoles des États-Unis)

Source : Strategas Research, au 16 août 2017

Comme il fallait s’y attendre, la nature trilatérale des discussions déjà entamées suggère que l’entente ne risque pas d’être simplement annulée, ce qui est encourageant. Ce fait peut même être interprété comme une victoire, puisque par le passé, le président Trump a déclaré que l’ALENA était « la pire entente commerciale de l’histoire du pays » et que pendant sa campagne électorale, il a reproché à l’entente actuelle de faire perdre des emplois aux États-Unis.

Les prochains débats auront lieu au Mexique, le 1er septembre, avant de se tenir au Canada, un peu plus tard au cours du même mois. Aucune autre séance de discussions organisées n’est encore prévue, mais on peut supposer qu’il faudra bien plus que trois rencontres pour qu’un accord soit finalement conclu.

 

Les commentaires que renferme ce document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général fondés sur des informations disponibles au 21 août 2017 et ne devraient pas être considérés comme des conseils personnels en matière de placement, une offre, ni une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Les conditions du marché peuvent changer et le gestionnaire de portefeuille n’accepte aucune responsabilité pour des décisions de placement prises par des individus et découlant de l’utilisation ou sur la foi des renseignements contenus dans ce document. Nous invitons les investisseurs à obtenir les conseils d’un conseiller financier.

 

 

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