Modération de la chute des cours : Pourquoi les marchés émergents sont mieux positionnés, cette fois-ci

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jeudi 24 mai 2018

Les marchés émergents sont en bien meilleure posture qu’auparavant pour composer avec les chocs exogènes comme la récente appréciation du dollar américain, mais le repli boursier des dernières semaines nous rappelle que certains pays en voie de développement sont mieux positionnés que d’autres pour amoindrir les risques pendant les périodes baissières.

Depuis le début de mai, l’indice MSCI marchés émergents a fléchi de 2,4 %, tandis que l’indice MSCI Monde (tous pays) a avancé de 1,6 %, d’après les données de Bloomberg. Cette chute est survenue après plus de deux ans de rendements supérieurs à l’ensemble des marchés mondiaux et est largement attribuable au franchissement du taux de 3 % pour les bons du Trésor américain à 10 ans et à la vigueur subséquente du dollar américain.

Dans une certaine mesure, ces pertes rappellent la dégringolade des cours, baptisée « taper tantrum », déclenchée par le discours de l’ancien président du conseil de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, à propos du ralentissement des achats d’obligations en mai 2013. Dans les deux cas, la principale crainte des investisseurs a trait aux marchés émergents affublés de gros déficits des transactions courantes qui pourraient avoir du mal à rembourser leur dette en dollars américains si les coûts d’emprunt augmentent (que ce soit par suite d’une hausse des taux d’intérêt américains ou de l’appréciation du dollar américain).

À l’époque, cependant, le nombre de pays à risque était beaucoup plus élevé que maintenant, comme en témoignent aujourd’hui les « cinq fragiles » que sont la Turquie, le Brésil, l’Inde, l’Indonésie et l’Afrique du Sud. Dans l’ensemble, les pays des marchés émergents ont amélioré leur situation au chapitre des transactions courantes de près de 1 point de pourcentage au cours des cinq dernières années et, hormis la Chine, les transactions courantes moyennes par rapport au PIB se sont hissées en territoire positif (voir le graphique).

La Thaïlande illustre bien cette amélioration, car elle a transformé son manque à gagner en un excédent des transactions courantes de plus de 10 % du produit intérieur brut, mais le Brésil et l’Afrique du Sud sont également reconnus pour avoir réduit substantiellement leur déficit au cours des cinq dernières années.

Résultat, ces pays ont mieux réagi au récent repli qu’à celui de 2013 et souffrent en moyenne moins que la Turquie et l’Argentine, qui ont un déficit des transactions courantes supérieur à 5 % du PIB, les plus élevés de tous les pays du groupe des 20 marchés émergents, d’après les données du Fonds monétaire international.

Les pays importateurs de pétrole ont accusé un retard, y compris l’Indonésie et l’Inde, dont le déficit des transactions courantes est menacé par l’augmentation rapide du prix du pétrole Brent, qui a franchi le cap des 70 $US le baril. Comme on pouvait s’y attendre, les pays qui ont des excédents comme la Chine et la Corée ont obtenu des rendements supérieurs pendant le repli.

En fin de compte, le repli actuel des marchés émergents devrait être moins éprouvant que le « taper tantrum » de 2013, particulièrement pour les investisseurs qui évitent les pays dont le déficit des transactions courantes est élevé. Et, même si on ne peut pas présumer une fin prochaine pour toutes ces pertes, les actions des ME se négocient à présent à 23 % d’escompte par rapport aux actions mondiales selon le ratio cours-bénéfice, ce qui constitue de bonnes occasions d’achat pour ceux qui veulent recommencer à investir.

Regina Chi est vice-présidente et gestionnaire de portefeuille à Placements AGF Inc. Elle collabore régulièrement à Perspectives AGF.

Les commentaires que renferme ce document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général basés sur des informations disponibles au 22 mai 2018 et ne devraient pas être considérés comme des conseils personnels en matière de placement, une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Les conditions du marché peuvent changer et le gestionnaire n’accepte aucune responsabilité pour des décisions de placement prises par des individus et découlant de l’utilisation ou sur la foi des renseignements contenus dans ce document. Nous invitons les investisseurs à obtenir les conseils d’un conseiller financier.
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