
Nos réflexions sur le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran et de ses répercussions possibles
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Le 2 mars 2026
David Stonehouse, chef intérimaire des investissements de Placements AGF, ne s’attend pas à une correction majeure à la suite de ce nouveau risque géopolitique, mais prévient les investisseurs qu’ils doivent s’attendre à ce que les marchés continuent d’être agités à court terme.
L’attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran continue de prendre de l’ampleur, les deux parties ayant frappé des cibles dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Que doivent savoir les investisseurs alors que le conflit s’intensifie?
Avant tout, il importe de bien comprendre les considérations géopolitiques à la base du conflit. L’attaque du président Trump contre l’Iran n’était un secret pour personne, alors que ce dernier avait renforcé la présence militaire américaine dans la région et averti à plusieurs reprises les dirigeants iraniens que les États-Unis agiraient si les négociations visant à limiter les ambitions nucléaires de l’Iran n’étaient pas prises suffisamment au sérieux. En outre, depuis la première attaque la fin de semaine dernière, les objectifs de Donald Trump sont encore plus affirmés : non seulement le président américain veut empêcher l’armement nucléaire iranien (déjà fortement affaibli à la suite des frappes sur les installations nucléaires iraniennes en juin 2025), mais il s’est également engagé à faire tomber le régime.
Donald Trump a même indiqué que la campagne pourrait durer plusieurs semaines et donner lieu à l’attaque de milliers de cibles, mais faire tomber un régime est un objectif très difficile à atteindre, compte tenu surtout du climat politique précaire auquel le président américain est confronté dans son propre pays, sans parler des critiques auxquelles il fait face à l’étranger. Rappelons que Donald Trump n’a pas obtenu l’approbation du Congrès avant de lancer son attaque avec l’aide d’Israël, pas plus qu’il n’a informé le Conseil de sécurité de l’ONU ou demandé son approbation.
Par-dessus tout, le président doit composer avec une opposition généralisée de la part de nombreux Américains qui ont voté pour lui — du moins en partie — en raison de sa promesse électorale d’éviter toute implication des États-Unis dans des conflits étrangers. Alors que six militaires américains ont déjà été tués et que Donald Trump et ses chefs de l’armée reconnaissent la probabilité de nouvelles pertes à venir, il semble très peu probable que le président envoie des troupes en sol iranien, même s’il a affirmé qu’il ferait « tout ce qu’il faut ». Au contraire, nous sommes d’avis qu’il doit conclure cette campagne rapidement, sous peine de subir des revers encore plus importants aux élections de mi-mandat de l’automne. Toutefois, sans troupes sur le terrain, les États-Unis devront compter sur la population locale pour renverser le brutal Corps des gardiens de la révolution islamique qui contrôle l’Iran, de concert avec le pouvoir religieux.
Voyez-vous des similitudes entre l’attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran et la récente opération américaine visant à destituer le président vénézuélien Nicolás Maduro et à prendre le contrôle des réserves pétrolières du Venezuela?
Bien que l’attaque contre l’Iran soit officiellement liée à sa capacité nucléaire, les États-Unis visent un objectif potentiellement encore plus important : un contrôle accru des approvisionnements mondiaux en pétrole. Si un régime plus favorable aux Américains prend le pouvoir en Iran, les États-Unis pourraient avoir beaucoup plus d’influence sur l’approvisionnement en pétrole dans la région, ce qui pourrait les aider à juguler les cours pétroliers. De plus, une grande partie du pétrole iranien est expédiée vers la Chine ce qui, combiné à la réduction des livraisons vénézuéliennes à destination de ce pays, pourrait permettre à Donald Trump d’exercer une plus grande influence lors de ses prochaines réunions commerciales avec le président Xi Jinping. Cela contribuerait également aux efforts qu’il déploie pour améliorer l’accessibilité financière des consommateurs américains, en plus de renforcer les chances des Républicains lors des élections de mi-mandat.
Compte tenu de ces considérations géopolitiques, quelles sont vos attentes à l’égard des marchés financiers dans les jours et les semaines à venir?
Comme on pouvait s’y attendre, la première réaction du marché a été la volatilité des cours des actions et des rendements obligataires et la hausse des cours du pétrole et de l’or, mais les mouvements extrêmes ont jusqu’à présent été de courte durée, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les frappes américano-israéliennes n’ont pris personne par surprise. Comme nous l’avons mentionné, de nombreux signes annonçaient l’imminence d’une attaque. Deuxièmement, les marchés ont pris l’habitude d’acheter lors des replis boursiers et de vendre lors des flambées des produits de base après des chocs géopolitiques, les investisseurs jugeant généralement que les répercussions sur les bénéfices des entreprises seront limitées. Troisièmement, avec l’arrivée en Iran d’un régime plus favorable à l’Occident, les États-Unis pourraient accroître leur influence sur une part importante de l’approvisionnement mondial en pétrole (en combinant la production nord-américaine avec d’autres territoires sous leur influence, notamment le Venezuela, la mer du Nord et certaines parties du Moyen-Orient). L’augmentation des flux de pétrole du Moyen-Orient vers l’Occident pourrait entraîner une baisse, et non une hausse, des cours pétroliers.
Cela dit, nous émettons tout de même quelques réserves. Bien que les cours du pétrole puissent finir par baisser après leur sommet initial, il pourrait être difficile de les ramener aux niveaux qui prévalaient au début de l’année. Environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole passe par le détroit d’Ormuz, et bien que la marine iranienne ait été durement touchée, elle peut encore représenter une menace suffisamment importante pour nuire à la circulation des pétroliers, ce qui diminuerait l’approvisionnement à court terme. Nous notons que les deux parties semblent jusqu’à présent éviter de cibler les infrastructures énergétiques, de sorte que le risque d’une flambée importante ou durable des cours du pétrole semble moins probable à ce stade. Ensuite, les rendements obligataires se sont inversés et ont commencé à augmenter, car les marchés anticipent une hausse de l’inflation attribuable à l’augmentation des prix de l’énergie. Enfin, étant donné que cette campagne est susceptible de durer au moins plusieurs semaines plutôt que quelques jours, et que l’avenir de la direction politique de l’Iran est en jeu, la réaction instinctive consistant à « acheter la baisse » des actions pourrait ne pas se concrétiser aussi facilement que lors des événements précédents. Cette opération militaire pourrait se prolonger et avoir des répercussions sur les perspectives de bénéfices en raison de la hausse des prix de l’énergie et du ralentissement de l’activité des consommateurs.
En résumé, les marchés semblent s’adapter comme prévu jusqu’à présent, le sommet initial des cours des produits de base et la faiblesse des cours des actions étant déjà en voie de s’estomper dans une certaine mesure. Toutefois, même si nous ne prévoyons pas de correction majeure du marché boursier dans notre scénario de base au cours des prochaines semaines, cette attaque comporte des risques, qui sont associés à d’autres préoccupations du marché telles que l’intelligence artificielle et le crédit privé, et nous ne serions pas surpris que l’instabilité observée jusqu’à présent en 2026 perdure. Pour l’instant, notre comité de répartition de l’actif continue de maintenir une pondération égale des actions, associée à une sous-pondération des obligations et à une surpondération des liquidités.
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