Perspectives hebdomadaires AGF – 30 octobre 2017

Auteur : Groupe de spécialistes des portefeuilles

lundi 30 octobre 2017

« Un résumé des principales nouvelles économiques et un regard sur la suite des événements »

La banque du Canada revient à un ton plus conciliant

  • La banque centrale canadienne (BdC) n’a procédé à aucun changement à l’issue de sa dernière réunion, maintenant son taux journalier à 1,0 %. Les commentaires accompagnant sa décision ont toutefois révélé un net regain de prudence, justifié par la sensibilité à une hausse des taux, les négociations de l’ALENA et l’entrée en vigueur des changements du BSIF concernant les prêts hypothécaires, autant de facteurs qui induisent un risque de baisse.
  • Coupant court aux perspectives d’une hausse supplémentaire des taux d’ici la fin de l’année, la BdC a précisé que pour ses prochaines décisions, elle sera « guidée par les nouvelles données sur lesquelles elle se fonde pour évaluer la sensibilité de l’économie aux taux d’intérêt ». L’imminence d’un relèvement des taux se dissipant, le dollar canadien a chuté de près de 6 % depuis mi-septembre, touché également par l’aggravation de la menace protectionniste.
  • Sur le front économique, la BdC a publié des perspectives encourageantes, la croissance du PIB devant s’élever à 3,1 % en 2017, en nette amélioration par rapport aux estimations initiales de 2,0 %. Les prévisions pour 2018 ont été revues légèrement à la hausse, à 2,1 %, mais celles de 2019 ont été ramenées à 1,5 %.

La BCE prolonge ses rachats d’actifs, mais en réduit le volume

  • La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé qu’elle prolongeait de neuf mois ses mesures d’assouplissement quantitatif, soit jusqu’en septembre 2018, mais qu’elle en réduirait de moitié le montant mensuel, qui passera de 60 milliards € à 30 milliards € dès janvier.
  • La BCE a insisté sur le fait que cette réduction ne devait pas être interprétée comme un arrêt strict des mesures de relance monétaire, précisant qu’elle demeurait prête à relever les montants ou à prolonger de nouveau la durée si la conjoncture économique se dégradait.
  • Sans surprise, les taux d’intérêt ont été maintenus au même niveau et le resteront pour une période « prolongée et au-delà même de la fin des rachats d’actifs. »

La croissance du PIB américain s’accélère

  • L’économie américaine a enregistré une croissance supérieure aux attentes, soit 3,0 %, au troisième trimestre, après avoir essuyé deux ouragans majeurs, ne montrant aucun signe d’essoufflement après la croissance de 2,9 % du trimestre précédent.
  • Le ralentissement prévu des activités de construction résidentielle et commerciale a été largement compensé par une hausse des dépenses des entreprises. La consommation a apporté la première contribution à l’économie, soit 1,6 % du chiffre global de croissance, suivie par les stocks, à hauteur de 0,7 %. Les exportations nettes et les investissements fixes ont également eu un effet favorable, apportant respectivement 0,4 % et 0,3 % à la croissance du troisième trimestre.
  • La croissance du PIB, pour l’ensemble de l’année 2017, devrait atteindre 2,1 %, un rythme susceptible d’inciter toujours plus la Réserve fédérale à relever ses taux en décembre; les marchés anticipent désormais à plus de 80 % ce scénario.

Autres nouvelles économiques

  • Les ventes de maisons neuves aux États-Unis ont bondi de 18,9 % en septembre, leur plus forte progression depuis 1992. Il s’agit d’une excellente nouvelle pour un marché immobilier plutôt passif, d’autant qu’elle a concerné toutes les régions, même le Sud qui se relève à peine des perturbations causées par les ouragans. Le prix médian des maisons neuves a augmenté de 4,0 % sur 12 mois. Les commandes de biens durables aux États-Unis, également publiées au cours de la période, ont enregistré une hausse de 2,2 % en septembre, plus de deux fois supérieure aux attentes. La plupart des gains ont concerné le secteur du transport, les pièces de rechange et appareils d’aviation civile bondissant de 31,5 %. Dans les autres secteurs, les commandes ont enregistré une hausse substantielle de 0,7 %.
  • La zone euro est restée la plus dynamique sur le plan de l’activité industrielle, son indice PMI augmentant de 0,5 point pour s’établir à 58,6 en octobre, un sommet de six ans. L’indice industriel PMI Markit aux États-Unis a inscrit une nette hausse de 1,4 point pour atteindre 54,5, renouant avec les niveaux atteints en janvier. Au Japon, l’indice industriel du PMI est descendu à 52,4, mais le pays enregistre toutefois un 14e mois consécutif d’expansion économique.

À Suivre

Données sur les marchés de l’emploi canadien et américain, réunion de la Banque d’Angleterre

  • La semaine qui s’amorce sera occupée, notamment par les réunions des banques centrales et plus particulièrement de la Réserve fédérale, qui devrait reporter ses décisions politiques au mois de décembre, et de la Banque d’Angleterre, qui pourrait annoncer une hausse de taux de 25 points de base. La zone euro communiquera mardi ses données concernant l’emploi, l’inflation et le PIB du troisième trimestre; suivie par les États-Unis et le Canada qui publieront vendredi leurs données sur l’emploi.

Point hebdomadaire sur les marchés

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