Pourquoi les tensions commerciales tiendront-elles les investisseurs sur un pied d’alerte

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vendredi 13 juillet 2018

Les marchés boursiers pourraient encore avancer quelque peu après un premier semestre marqué par une volatilité accrue et un rendement contrasté des grands indices boursiers partout dans le monde, mais l’ampleur des gains à venir sera déterminée par l’impact éventuel, sur l’économie mondiale, de la montée des tensions entre les États-Unis et ses principaux partenaires commerciaux.

C’est particulièrement vrai pour ce qui est du différend qui s’intensifie entre les États-Unis et la Chine. Alors que l’économie mondiale devrait facilement absorber les 34 G$US de tarifs douaniers que les deux pays se sont imposés jusqu’ici, les enjeux continuent de monter en raison des menaces du président américain Donald Trump d’imposer des droits supplémentaires totalisant 200 G$US sur les importations chinoises.

Cette dernière menace n’est pas surprenante étant donné la réputation du président Trump d’attiser l’antagonisme, et elle pourrait n’être rien d’autre qu’un stratagème visant un règlement négocié assorti d’un engagement à réduire le déficit commercial des États-Unis avec la Chine. Le président américain considèrerait sans doute comme une victoire toute réduction – même partielle – du déficit, et il pourrait y arriver de plusieurs façons, y compris en augmentant la quantité de pétrole américain acheté par la Chine.

Dans ce scénario, les marchés boursiers progresseraient probablement, malgré des périodes de volatilité, en fonction du ton des négociations et du temps nécessaire pour aboutir à un accord. Par contre, si les négociations échouent et que les menaces se concrétisent, les risques d’un ralentissement économique augmenteront sensiblement et l’on pourra s’attendre à un repli prolongé des actions.

Pour compliquer encore les choses, les investisseurs doivent aussi faire face à une querelle commerciale naissante entre les États-Unis et l’Union européenne, ainsi qu’à l’incertitude continue entourant l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Les discussions sur le remaniement de l’accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique sont au point mort ces derniers mois, et risquent de se compliquer – en particulier du point de vue canadien – à la suite des élections mexicaines.

Le président désigné mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, veut que les travailleurs du Mexique soient mieux payés, et il pourrait trouver un terrain d’entente dans le cadre des négociations avec le président Trump, qui juge que les salaires mexicains sont trop bas pour que les fabricants américains puissent être compétitifs. Dans ce cas, le Canada pourrait être forcé de retourner à la table des négociations avec moins de monnaie d’échange en poche pour conclure le type d’accord équitable qu’il recherche.

En somme, les tensions commerciales à l’échelle mondiale représentent un risque croissant, et elles continueront de jouer un rôle important dans l’orientation des marchés boursiers pendant les six prochains mois. Pour le moment, la croissance économique demeure solide et devrait contribuer à faire remonter le cours des actions, mais les investisseurs doivent rester sur un pied d’alerte. Si les négociations entre les États-Unis et ses alliés tournent mal, les gains pourraient alors rapidement se transformer en pertes.

Kevin McCreadie est président et chef des investissements de Placements AGF Inc. Il collabore régulièrement à Perspectives AGF.

Les commentaires que renferme le présent document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général basés sur des informations disponibles au 13 juillet 2018 et ne devraient pas être considérés comme des conseils personnels en matière de placement, une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Les conditions du marché peuvent changer et le gestionnaire de portefeuille n’accepte aucune responsabilité pour des décisions de placement prises par des individus et découlant de l’utilisation ou sur la foi des renseignements contenus dans le présent document. Nous invitons les investisseurs à obtenir les conseils d’un conseiller financier.
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Auteur :

Kevin McCreadie, CFA, MBA

Président et chef des investissements

Placements AGF Inc.

Traduit de l'anglais.

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