
Sept raisons de continuer à croire en l’or
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Le 3 février 2026
La demande structurelle des banques centrales est l’un des nombreux facteurs qui pourraient déterminer l’évolution du prix de l’or.
La flambée du prix de l’or a peut-être surpris de nombreux observateurs du marché et semé le doute chez les plus sceptiques, mais même après un rendement de plus de 90 % au cours de l’année écoulée, il y a tout lieu de croire que la dynamique favorable se maintiendra. Si la nomination de Kevin Warsh à la présidence de la Réserve fédérale américaine par Donald Trump a fait grimper la volatilité des marchés ces derniers jours, la demande structurelle des banques centrales, des tensions géopolitiques durables qui alimentent une prime de risque et le retour des flux de capitaux vers les FNB depuis le milieu de 2025 maintiennent l’équilibre des risques à la hausse pour l’or en 2026. Compte tenu de la lenteur de la réponse de l’offre minière et de l’émergence de nouveaux acheteurs non traditionnels, les reculs pourraient demeurer relativement faibles par rapport à la demande sous-jacente.
1. Contexte géopolitique : la « prime de peur » reste bien ancrée dans les cours
La Banque mondiale, dans son commentaire d’octobre 2025 sur les perspectives des marchés de produits de base, prévoit que les prix des métaux précieux resteront élevés en 2026, après un renchérissement d’une ampleur inhabituelle en 2025, tirée par l’explosion des investissements. Cette prévision s’inscrit dans un contexte de croissance mondiale atone, d’incertitude élevée entourant les politiques publiques et de tensions géopolitiques périodiques, des conditions qui, traditionnellement, favorisent les allocations vers des valeurs refuges. D’après la Banque mondiale, les métaux précieux font figure d’exception par rapport aux secteurs de l’énergie et de l’agriculture, généralement en baisse, en cohérence avec le rôle de l’or comme instrument de couverture de portefeuille lorsque les risques macroéconomiques et géopolitiques sont difficiles à évaluer.
2. Les banques centrales : des acheteurs stables
Selon le World Gold Council (WGC), les achats nets du secteur ont dépassé 1 000 tonnes en 2022, 2023 et 2024 — une séquence de trois ans sans précédent dans l’histoire des données modernes, ce qui a resserré l’offre disponible. Le total des achats nets pour 2024 s’élevait à environ 1 045 tonnes, prolongeant ainsi une tendance d’achat net qui dure depuis 15 ans. Un sondage mené par le WGC en 2024 a également montré que les personnes interrogées s’attendaient à ce que la part mondiale de l’or dans les réserves soit plus élevée dans cinq ans.
3. Composition des réserves : la part de l’or a doublé en 10 ans
Les données du Fonds monétaire international montrent que la part de l’or dans les réserves internationales a atteint environ 18,3 % en 2024, par rapport à des niveaux inférieurs à 10 % au milieu des années 2010. En parallèle, plusieurs observateurs ont noté qu’à la fin de 2025, les réserves d’or des banques centrales étrangères (en valeur/part) avaient surpassé les réserves de celles-ci en bons du Trésor américain pour la première fois depuis 1996, un dépassement symbolique qui souligne la diversification par rapport aux titres libellés en dollars américains, même si le billet vert reste dominant.
4. FNB : des sorties de capitaux pendant des années suivies d’un rebond solide en 2025
Après plusieurs années de sorties nettes, les FNB adossés à des actifs physiques ont renoué avec des entrées de capitaux durables en 2025, atteignant un sommet historique l’année dernière. En effet, en décembre 2025, les avoirs mondiaux des FNB ont atteint environ 4 025 tonnes, les actifs gérés ont enchaîné des records successifs et les entrées de capitaux se sont poursuivies jusqu’à la fin de l’année. Ce changement a permis de rétablir un pilier de l’investissement en Occident qui avait été absent entre 2021 et 2023 et qui a suppléé à la demande du secteur officiel de façon considérable.
5. Tether : une nouvelle « banque centrale fantôme »
Selon les analyses des firmes de courtage et les médias financiers, Tether, une cryptomonnaie indexée sur l’or, avait accumulé environ 116 tonnes d’or physique à la fin de 2025, soit près de 2 % de la demande mondiale trimestrielle à ce moment-là, tout en prenant une participation stratégique importante (passant d’environ 38 % à une position de contrôle) dans Elemental Altus Royalties, une société canadienne de redevances aurifères. Par rapport aux banques centrales mondiales, cela placerait Tether au 38e rang, devant le Qatar et la Grèce. Tether, un acheteur cryptonatif largement propulsé par son bilan, ajoute un canal de demande non traditionnel pour l’exposition aux lingots et aux redevances, ce qui pourrait réduire l’offre disponible pendant les périodes de forte croissance.
6. Hypothèses sur les cours du marché : les institutions financières ont relevé leurs prévisions au début de 2026
Les prévisions et les scénarios cibles des grandes banques concernant l’or ont été révisés à la hausse jusqu’à la fin de 2025 et au début de 2026, avec un point commun : la demande en matière de diversification (officielle et privée) peut se poursuivre même en cas d’assouplissement des taux directeurs, compte tenu de l’inélasticité de l’offre et de l’incertitude entourant les politiques. Les prévisions trimestrielles et mensuelles du WGC sur les flux reflètent l’élargissement de la participation des investisseurs en 2025, en conformité avec un ancrage des prix plus élevé en 2026 dans les scénarios de base ou de croissance à la baisse. Bien que les objectifs ciblés varient selon les institutions et les dates, la tendance — marquée par des relèvements institutionnels et des fourchettes de scénarios plus élevées — est clairement ressortie dans plusieurs publications.
7. Analyse de la rareté : les stocks hors sol par rapport aux réserves restantes
Selon les données de l’U.S. Geological Survey et du WGC, les stocks d’or hors sol mondiaux s’élèvent à plus de 216 000 tonnes environ et résultent de l’effet cumulatif de l’extraction minière pendant des milliers d’années, une part importante étant détenue sous forme de bijoux et de réserves officielles, qui ne se transforment pas facilement en avoirs liquides. En parallèle, les réserves économiquement exploitables sont estimées à environ 64 000 tonnes. Même avec des cours porteurs, la mise en production de nouvelles capacités d’offre demeure lente : le développement minier s’étend généralement sur de nombreuses années, et les contraintes liées aux autorisations et aux teneurs en minerai compliquent le processus. En bref, l’offre est structurellement peu élastique aux horizons pertinents du cycle, ce qui amplifie les répercussions sur les cours des variations de la demande d’investissement ou du secteur officiel.
Compte tenu des sept facteurs mentionnés ci-dessus, notre biais haussier pour l’or demeure justifié. En ce début d’année 2026, cette conviction repose sur plusieurs piliers qui se renforcent mutuellement : le maintien par les banques centrales d’achats nets sur plusieurs années, la réévaluation progressive des réserves par les gestionnaires de réserves en faveur des lingots d’or, le rétablissement d’une forte demande de FNB en Occident et l’émergence de nouveaux acheteurs comme Tether, qui exercent leurs activités hors des schémas classiques du cycle des matières premières. Ajoutons à cela un environnement macroéconomique caractérisé par un ralentissement de la croissance, une incertitude politique et des poussées de tensions géopolitiques, et les arguments en faveur de la poursuite de la dynamique ne changent pas. Dans un contexte où la croissance de l’offre est limitée et les stocks, peu flexibles, une certaine volatilité des prix est à prévoir, même si le cadre sous-jacent demeure favorable dans le scénario de base.
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