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Cinq enjeux déterminants pour les marchésau quatrième trimestre de 2026

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Aperçus des marchés

Cinq enjeux déterminants pour les marchésau quatrième trimestre de 2026

Auteur : Placements AGF

Le 9 octobre 2026

Parmi les nombreux facteurs qui ont marqué les marchés boursiers au cours des trois premiers trimestres de 2026, aucun n’a eu autant de répercussions que la résilience des bénéfices des entreprises face à la hausse de l’inflation, aux bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle (IA) et aux turbulences géopolitiques.

Alors que les principaux indices boursiers nord-américains restent fortement concentrés dans les grandes sociétés technologiques, la progression des bénéfices dans l’ensemble du marché est particulièrement encourageante. La diversité de l’écosystème de l’IA contribue à générer des revenus importants dans de nombreux secteurs.

« En plus de 30 ans de carrière dans le domaine des placements, je n’ai jamais observé de tels taux de croissance des revenus ou des bénéfices en dehors d’une période de récession, déclare John Porter, chef des investissements de La Société de Gestion AGF Limitée. Il est fort possible que nous frôlions des sommets historiques, et il s’agit véritablement d’une période de croissance sans précédent. »

Cependant, la conjonction des développements politiques, des conflits mondiaux qui perdurent et des comportements spéculatifs des investisseurs risque de mettre cette résilience encore davantage à l’épreuve d’ici la fin de l’année. Les bénéfices continueront-ils de donner le ton sur les marchés? Plusieurs gestionnaires de portefeuille de Placements AGF se sont penchés sur cinq enjeux clés qui pourraient permettre de répondre à cette question.

La rhétorique contre la réalité aux élections de mi-mandat aux États-Unis

Les élections de mi-mandat du 3 novembre prochain aux États-Unis pourraient réserver des surprises, les démocrates cherchant à prendre le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat.

Si les démocrates remportent la majorité à la Chambre des représentants, les précédents historiques laissent croire que le partage du pouvoir entre les deux partis rendrait plus difficile l’adoption de réformes d’envergure. L’impasse politique est souvent bien accueillie par les marchés, puisqu’elle favorise la stabilité des politiques publiques et réduit l’incertitude pour les entreprises et les investisseurs.

Une majorité démocrate dans les deux chambres du Congrès pourrait entraîner une plus grande volatilité sur les marchés. Un tel scénario pourrait accroître le risque de changements aux politiques budgétaires et fiscales, ce qui aurait des répercussions sur la croissance économique et les bénéfices des entreprises, en plus de façonner le paysage politique à l’approche de l’élection présidentielle de 2028.

Les campagnes électorales sont souvent marquées par des promesses ambitieuses qui font les manchettes et agitent les marchés, mais passer des promesses à la mise en œuvre des politiques est plus facile à dire qu’à faire. Ainsi, la véritable bataille que les investisseurs devront mener pourrait se situer entre la rhétorique et la réalité, quels que soient les résultats des sondages.

David Stonehouse, vice-président principal et chef des investissements nord-américains et spécialisés :

« La perspective d’une impasse politique avec un gouvernement divisé est une quasi-certitude. Les démocrates pourraient tenter de faire adopter de force des mesures législatives s’ils remportaient également le Sénat, bien que le veto présidentiel puisse être difficile à contourner. Par le passé, de telles situations ont mené à l’adoption de certaines mesures législatives à la suite de négociations entre le Congrès et le président, et la nécessité de relever le plafond de la dette pourrait donner lieu à certains compromis. »

Sécurité contre pression concurrentielle dans la course à la domination de l’IA

Pendant une bonne partie de 2026, l’intelligence artificielle a évolué à un rythme effréné, sans montrer le moindre signe d’essoufflement. Puis, l’une des voix les plus influentes du secteur a estimé qu’il était temps de lever le pied.

Le 12 septembre, Dario Amodei, chef de la direction d’Anthropic, a exhorté les entreprises à ralentir le développement des modèles d’IA de pointe, de crainte qu’ils ne deviennent entièrement autonomes avant que l’on ait pu mettre en place les garde-fous nécessaires pour en garder la maîtrise.

Dans un premier temps, la lettre a suscité l’adhésion de Sam Altman, chef de la direction d’OpenAI, ainsi que d’Elon Musk. Elle a toutefois depuis essuyé les critiques de plusieurs personnalités influentes du secteur, notamment le président Trump, qui a dénoncé les propos alarmants d’Amodei, faisant valoir qu’ils risquaient de compromettre les efforts des États-Unis pour préserver leur position de chef de file mondial en intelligence artificielle, notamment face à la Chine.

Les impératifs de sécurité et la dynamique concurrentielle semblent désormais s’opposer. Pour les investisseurs, la question est de savoir si la prudence finira par l’emporter ou si les incitatifs financiers, suffisamment alléchants, pousseront les entreprises d’IA à poursuivre leur course à toute vapeur.

Auritro Kundu, vice-président et gestionnaire de portefeuille :

« Nous pensons que les investisseurs ne devraient pas interpréter le débat sur la sécurité comme un signe que le cycle d’investissement dans l’IA tire à sa fin. Il est plus probable que ce débat réoriente les investissements et, dans bien des cas, en augmente même l’ampleur, en donnant lieu à des besoins accrus en puissance de calcul, en infrastructures, en sécurité, en gouvernance et en gestion de la complexité. Le rythme de développement de l’IA peut faire débat, mais son orientation, elle, ne fait aucun doute. »

La Réserve fédérale américaine face à une inflation persistante

Le 16 septembre, la Réserve fédérale américaine (la Fed) a relevé ses taux d’intérêt pour la première fois en trois ans, et envisage même une autre hausse.

La Fed s’est délibérément montrée discrète sous la direction de son nouveau président, Kevin Warsh, s’abstenant de fournir des indications prospectives afin, semble-t-il, de se donner davantage de souplesse. Ses allusions publiques quant à la nécessité d’une autre hausse avant la fin de l’année pour ramener l’inflation plus près de la cible de 2 % sont d’autant plus remarquables dans ce contexte.

Alors que les marchés boursiers avaient déjà intégré la première hausse des taux en septembre avant de poursuivre leur progression, une deuxième hausse pourrait mettre davantage à l’épreuve la vigueur de la croissance économique et avoir des répercussions plus importantes sur les investisseurs. Il serait difficile d’ignorer l’augmentation du coût d’emprunt, d’autant plus que les prix du pétrole, qui restent élevés en raison de la guerre en Iran, ne font qu’exacerber le problème.

M. Warsh et ses collègues se trouvent à la croisée des chemins : une nouvelle hausse des taux vaut-elle le risque de ralentir l’économie, dans l’espoir de réduire l’inflation? Leur réponse à cette question pourrait avoir un effet significatif sur l’orientation des marchés d’ici la fin de l’année.

David Stonehouse :

« Comme la croissance du PIB nominal dépasse les 6 % et que les différents indicateurs d’inflation gravitent autour de 3 %, les conditions financières ne semblent pas exercer de pression sur l’économie. La Fed semble donc devoir poursuivre le resserrement de sa politique monétaire. Les investisseurs en actions devraient continuer de privilégier les secteurs résilients et les entreprises capables d’afficher une forte croissance des bénéfices dans un contexte de taux plus élevés, à moins que la hausse des rendements obligataires ne s’inverse. Les mesures budgétaires du Trésor américain joueront également un rôle dans l’évolution des rendements. »

Les États-Unis contre l’Iran dans le détroit d’Ormuz

La guerre en Iran fait rage, et aucune issue ne se profile à l’horizon. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement plus de 20 % du pétrole mondial, reste au cœur du conflit.

Les marchés ont chuté de manière spectaculaire lorsque les États-Unis ont lancé leur première attaque contre l’Iran le 28 février dernier. Le gouvernement américain a tenté d’apaiser les craintes en laissant entendre que les combats ne dureraient que quelques semaines, mais le conflit perdure depuis plus de six mois sans qu’aucune solution ne soit en vue. Il est donc impossible de prévoir quand et comment cette impasse sera dénouée.

Les consommateurs en ressentent les conséquences à la pompe; les prix de l’essence partout en Amérique du Nord restent nettement plus élevés qu’avant la guerre. Cependant, les marchés se sont remis du choc initial pour atteindre de nouveaux sommets historiques grâce à la vigueur des bénéfices des entreprises.

Les marchés continueront-ils d’encaisser les répercussions de la guerre sans broncher? Les répercussions pourraient être limitées, mais tout événement majeur pourrait modifier la perception des marchés. Chaque nouvelle manchette peut faire basculer la situation.

John Porter :

« Nous devrons peut-être nous habituer à une nouvelle normalité en matière de prix à la pompe. Nos capacités de raffinage sont vraiment limitées, particulièrement en Amérique du Nord. Les marges de raffinage montent en flèche et demeurent tenaces. Nous ne voyons aucune raison pour qu’elles diminuent. Il n’y a aucun répit en vue, même si les prix du pétrole brut venaient à baisser. »

Optimisme des marchés contre les conséquences de la guerre commerciale

La guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada a fait les manchettes pendant une grande partie de l’année, mais ses répercussions observables sur les marchés sont minimes. Cette situation pourrait-elle changer?

Les tensions entre les deux pays se sont intensifiées depuis qu’un accord potentiel a échoué à la dernière minute au début de septembre. Tout porte à croire que la situation va empirer avant de s’améliorer, d’autant plus que Mark Carney, le premier ministre canadien, s’est engagé à riposter à tous les droits de douane imposés par l’actuelle administration américaine dirigée par le président Donald Trump.

Jusqu’ici, l’enthousiasme suscité par l’intelligence artificielle et la résilience des bénéfices des entreprises ont largement détourné l’attention des marchés du conflit en cours, mais pourront-ils continuer d’en minimiser les répercussions si les tensions s’exacerbent? La réponse pourrait être cruciale pour les investisseurs.

Un accord pourrait toutefois être conclu à tout moment, et la guerre commerciale pourrait finalement n’avoir aucune incidence sur les marchés. Il est néanmoins possible que le poids des droits de douane sur les entreprises et les consommateurs devienne trop lourd pour être négligé, ce qui obligerait les investisseurs à réévaluer un risque qu’ils ont largement sous-estimé pendant une bonne partie de l’année.

Steve Duench, vice-président et gestionnaire de portefeuille :

« La progression des marchés demeure étroite, et certains secteurs, comme les services aux collectivités et les biens de consommation de base, subissent les contrecoups de la guerre commerciale plus que d’autres. Un redressement de ces secteurs pourrait tarder tant que les prévisions de nouvelles hausses des taux d’intérêt ne commenceront pas à s’atténuer. Une désescalade de la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada pourrait toutefois constituer un catalyseur important. »


Les points de vue exprimés dans cet article sont ceux de l’auteur et ne représentent pas nécessairement les opinions d’AGF, de ses filiales ou de ses sociétés affiliées, et ne peuvent être associés à aucun fonds ni à aucune stratégie d’investissement.

Sauf indication contraire, les commentaires et données économiques sont tirés de Bloomberg, de Reuters et d’autres sources de nouvelles. Les commentaires que renferme le présent document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général disponibles au 7 octobre 2026. Le présent document ne vise pas à répondre aux besoins, à la situation et aux objectifs d’un investisseur en particulier. Le contenu du présent document ne doit pas être utilisé ni interprété comme un conseil en placement ni comme une offre d’achat ou de vente de titres, et ne vise pas à suggérer de prendre une mesure quelconque ou de s’en abstenir. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Les conditions du marché peuvent changer, et Placements AGF n’accepte aucune responsabilité pour des décisions de placement prises par des individus et découlant de l’utilisation ou sur la foi des renseignements contenus dans ce document.

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AGF Investments

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Traduit de l'anglais.

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